Editorials

- Isabella lenarduzzi

Les hommes victimes de la violence des femmes au bureau ?

Les hommes seraient autant victimes de la violence des femmes que celles-ci sont victimes de la violence des hommes … et quand elles ne tuent pas physiquement elles « vont jusqu’au meurtre psychique, où le sujet masculin est dépossédé de son identité et n’exprime plus d’envie. »
C’est le sujet du livre d’un psychanalyste de Nice, Eric Bénevaut « « Perverses narcissiques : la manipulation au féminin » malheureusement édité chez #Eyrolles.
http://www.focusrh.com/sante-social/stress-au-travail-et-risques-psychosociaux/perverses-narcissiques-au-travail-sous-le-velours-la-violence-29997.html

Cette violence serait très présente dans le milieu professionnel « ces femmes se servent de leur position hiérarchique avantageuse pour installer leur pouvoir » ce qui est d’ailleurs illustré par la photo de l’article publié par l’irresponsable #FocusRH accompagné du titre « I’m your boss ».
Décidément toutes ces femmes managers ne « tiennent pas leur place » naturelle. Pour reprendre le contrôle (encore pourtant très peu partagé), il faut saboter leur envie de faire carrière en les décrivant comme de cruelles sorcières. Belle trouvaille pour remplacer le bûcher qui était le sort des femmes rebelles pendant des siècles !

Elles sont sournoises, victimes de leur biologie (les règles) et frustrée sexuellement (le retour de Freud !) : « Il est difficile de les cerner car elles avancent masquées, contrairement aux hommes qui s’expriment de manière plus frontale. Des sautes d’humeurs passagères, dues à des phénomènes n’ayant rien à voir avec l’univers professionnel, doivent alerter, … A l’origine de ce trouble, il existe des problématiques de maltraitance, une sexualité mal assumée ou inexistante, … ».

L’auteur rejoint son collègue psy et auteur prolifique de livres pour réussir son couple, Yvon Dallaire, qui essaie de démontrer que la prévalence de la violence féminine est égale à celle de l’homme, que « même certains types de violence se retrouvent davantage du côté des femmes » … « plutôt que de rechercher un coupable, toujours le même, à punir. La violence ne peut être que le résultat d’une malheureuse escalade réciproque. » Une autre façon de dire « Bats ta femme. Si toi tu ne sais pas pourquoi, elle le sait. »

Bien sûr il ne s’agit pas de nier que la perversité existe aussi chez les femmes. Mais en dehors d’une question de genre, il est prouvé que ce type de personnalité se retrouve davantage chez ceux qui ont du pouvoir. Et jusqu’à maintenant il occupé à près de 90% par des hommes.
Toute notre civilisation a massacré les femmes en raison de leur sexe depuis toujours : bûcher, excision, mariage précoce, maternités illimitées, pauvreté, prostitution, enfermement, viols, attouchements et harcèlement, contention physique, meurtres conjugaux ou familiaux, meurtres de bébés filles, malnutrition, non scolarisation, esclavagisme sexuel, pieds bandés, acide, …
Chez nous, 1 femme sur 3 a déjà connu de la violence physique ou sexuelle depuis ses 15 ans. C’est plus d’une femme sur deux dans le monde. En Belgique, 40 000 personnes par an par soit plus de 100 plaintes par jour sont reçues par la police. Tous les 3 jours, 1 femme meurt sous les coups de son conjoint (ou ex).

Jamais je n’aurais imaginé qu’un média et un éditeur sérieux puisse relayer un texte aussi faux et dangereux en 2017. Il est urgent de se rappeler que l’égalité et le partage du pouvoir ne se feront pas sans devoir affronter ce type de résistance et constater le retour en force d’hommes à la masculinité toxique (Trump, Erdogan, Poutine, Orban, …). Pour pouvoir continuer à avancer vers une société apaisée et solidaire, les hommes et les femmes progressistes doivent s’allier au-delà de leurs divergences. Nous sommes dans un processus de retour vers l’archaïsme et vers la guerre des sexes. Ne laissons pas faire !