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- Jean-Michel Monnot

Les hommes doivent ils avoir peur de l’égalité ?

Commençons par le « côté obscur » de la réponse : oui, les hommes vont perdre quelque chose si notre monde progresse vers plus de mixité. Ils vont perdre un peu de pouvoir, puisqu’ils vont devoir partager. Et alors ?

Je suis un homme, et je ne me reconnais pas dans ce portrait-robot qui ferait de moi une machine exclusivement attirée par les titres ronflants, les conseils d’administrations ou les négociations sur un parcours de golf. Je ne suis pas le premier ni le dernier à ressentir cette lassitude qui avait été magnifiquement illustrée dans l’étude réalisée en 2012 par Sylviane Giampino et Brigitte Gresy : « le poids des normes dites masculines sur la vie professionnelle et personnelle d’hommes du monde de l’entreprise » (www.orse.org)

Tout a peut-être déjà été dit, déjà été écrit, mais les choses ont bien peu changé, et le partage équitable est encore loin.

Alors mesdames et messieurs enfonçons le clou, encore et encore.

Moi, homme, je serai plus heureux, plus durablement riche et en meilleure santé avec une vraie mixité. Et mon entreprise, mon organisation sera plus intelligente, plus efficace et plus performante. Ce que je perdrai par un accès plus compliqué (mais plus juste…) aux responsabilités, je le gagnerai dans ma qualité de vie, et ça, c’est l’essentiel, c’est le sens de la vie.

J’ai eu le bonheur de participer à l’écriture du livre « Mixité, quand les hommes s’engagent » dont la version anglaise vient de sortir sous le titre « Gender Balance, When Men Step Up » http://www.genderbalancewhenmenstepup.com/the-book/

Ce livre est une aventure mixte, et il devrait être remboursé par la sécurité sociale… Il se déguste, comme lorsque l’on veut gouter tous les plats de la carte d’un grand restaurant. J’ai été émerveillé par la bienveillance et par l’engagement des femmes auteures qui ont eu l’intelligence extrême de partager, et j’ai été impressionné par l’humilité des hommes, en particulier des 12 grands patrons qui ont accepté de témoigner, de partager leur credo. Parmi eux, Stéphane Richard, Michel Landel, Gianfranco Monsellato, Gérard Karsenti ou François Pérol ont depuis longtemps montré qu’ils avaient dépassé le cap de la prise de conscience. Ils ont agi, souvent avec courage et obstination, et ils ont montré que la mixité est vertueuse pour toutes et tous.

L’entreprise moderne doit être mixte et inclusive, sinon elle se ringardisera et risquera la disparition : voilà pourquoi nous hommes devons-nous battre au côté des femmes pour la mixité. Ce n’est pas une question de « bien-pensance », c’est une question de survie.